Métro III.

 

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Cette fois-ci, c'était leur propre rame qui était touchée et la pagaille fut indescriptible. Pourtant, ils réussirent tous à sortir du métro sans encombre, juste avant l'explosion finale. Enfin... Tous ? Non, le SDF était resté à l'intérieur, priant son seigneur avec ferveur. Ce ne l'avait évidemment pas empêché de se faire pulveriser, laissant les autres passagers sous le choc.

- Putain... Je...

Emilie sentit les larmes lui venir aux yeux. Elle commençait à s'attacher à ses compagnons de galère, et la mort d'un des leurs ne lui laissait plus beaucoup d'espoir.

- On doit continuer ! Et ne pas se laisser abattre, on peut encore s'en sortir !

Eric avait hurlé et tentait de ne pas penser à la disparition de l'homme. Les couloirs sombres du métro, éclairé faiblement par la chandelle qu'il avait pensé à prendre avant de sortir, était on ne peut plus effrayants et l'éclat qu'il s'était pris dans la joue lui faisait un mal de chien. De plus, le sol était jonché de débris et de chair sanguinolante et il ignorait ce qui les attendait au bout du tunnel. 

- A quoi bon ?

Accompagnée de ses deux enfants, Brunhilde sentait ses forces l'abandonner. Elle avait réussi à supporter tout ça sans broncher, pour le bien de Sacha et Heidi, mais devant le couloir sa peur du noir reprenait le dessus. Elle avait envie de s'allonger sur le sol et de mourir sur le champ. De toutes manières, après la mort du SDF, elle avait compris qu'ils n'étaient pas à l'abri d'une nouvelle explosion et que celle-ci allait probablement les anéantir.

- Ressaisissez vous !

Renée, la grand-mère, lui asséna une gifle retentissante et poursuivit ses reproches.

- Ne perdez pas espoir, grand dieu, vous avez des enfants, ils comptent sur vous ! Ce n'est pas le moment de faiblir ! Nous sommes proches de la sortie !

Devant l'entrain de cette femme âgée, beaucoup moins fragile qu'il n'y paraissait, la plupart des passagers se sentirent un peu mieux.

- Euh... Madame ?

Emilie sentit qu'on tirait sur sa manche et baissa les yeux. L'un des enfants de Brunhilde, les yeux brillants, voulait manifestement lui demander quelque chose.

- Tu peux m'appeler Emilie, répondit-elle en souriant.
- Tu as encore des lumières, Emilie ?

La jeune femme fouilla son sac et sortit les trois chandelles qu'il lui restait. Elle lui en tendit une après l'avoir allumée tout en lui enjoignant de faire très attention. Sacha, le petit garçon, la remercia et courut vers sa mère. Elle en tendit une à la grand-mère et en garda une pour elle. Le couloir s'emplit d'ombres et lorsqu'elle promena son regard vers le sol, elle sentit la nausée monter.

- Bon, il est temps de nous mettre en route, reprit Eric. Si mes calculs sont exacts, nous sommes environ à 300 mètres de la prochaine station. On peut y arriver !

Les douze survivants se mirent en marche, évitant le plus possible de toucher les différents débris. Au bout d'un quart d'heure, les lumières de la station Montebello furent visibles.

Emilie soupira, rassurée. Elle avait manqué de s'empaler sur un morceau du deuxième métro qu'ils avaient croisé, une explosion de plus avait retentit et résonnait encore dans ses tympans, et ils avaient du controler la crise de panique de Yasmine, la femme en burqa, qui pleurait à chaudes larmes depuis le début de leur périple.

Eric ouvrit la porte de secours de la station, réservée au personnel, et il atterirent dans la station.

- On s'en est sortis ? C'est bon ?

Débbie, l'une des trois jeunes, se mit à rire nerveusement lorsqu'une autre déflagration ébranla les vitres de sécurité. Elle n'en pouvait plus.

- Je ne sais pas, murmura Adrien, un de ses amis. J'ai peur de ce qu'il y a dehors...

A SUIVRE.