Métro IV.

 

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Il est temps de sortir, songea Emilie. Elle avait emprunté la bouteille d'eau de Richard, l'employé de bureau, et buvait avidemment au goulot. La moitié de leur équipe s'était assise contre le mur et fumait une cigarette. Les trois jeunes avaient roulé à nouveau un joint, préférant l'ivresse à la situation affreuse dans laquelle ils se trouvaient.

La jeune femme ne fumait pas, mais avait accepté la cigarette que Brunhilde lui avait gentiment tendue et savourait pleinement l'arôme de menthe que celle-ci dégageait.

Elle souffla un nuage de fumée en l'air, écrasa le mégot sous sa botte et se releva, enjoignant les autres à faire de même.

- Je suppose que nous n'allons pas moisir ici, on devrait y aller...

Ils hochèrent la tête et lui emboitèrent le pas, la gorge serrée. Les mains de Renée tremblaient et sa petite-fille avait les larmes aux yeux. La peur sourdait dans l'air, créant une tension si forte qu'on pouvait presque la toucher du doigt. Mais une autre explosion, qui cassa cette fois-ci une des vitres de la station, les fit se presser un peu plus.

Les escalators ne marchaient pas, mais les marches furent vite grimpées et le ciel fit son apparition. Vert. Le ciel était vert.

- Merde, c'est quoi ce bordel ?

De là où ils étaient, ils ne pouvaient appercevoir que cet élément et Eric crut défaillir. Il haissait tout ce qui était en dehors de la réalité, que ce soient les jeux vidéos, les films et livres fantastiques, et là... il n'en revenait pas.

- C'est... vraiment bizarre, marmonna Ysabel, la petite fille de Renée.

Emilie sourit faiblement. D'une sourire jaune, ironique et désespéré. Si le ciel était vert, qu'en était-il du reste du monde ?

- J'ai envie de voir quand même, reprit Debbie. J'ai envie de savoir !

Elle grimpa le reste des marches quatre à quatre, suivie de près par Adrien. Et leur réaction fut saisissante. La jeune fille porta une main à sa bouche et vomit aussitôt dedans, tandis qu'Adrien dut s'accrocher à la barre de l'escalier pour ne pas tomber. Emilie et le reste de ses compagnons ne purent faire durer le suspens plus longtemps et rejoignirent les deux jeunes.

Le ciel était vert, une sorte de pelouse bleue avait recouvert le sol et les maisons. Le boulevard Montebello était vide à en pleurer et la luminosité était tellement forte au niveau du sol qu'Emilie dut sortir ses lunettes de soleil pour le regarder.

- Il n'y a... plus rien ? A part cette pelouse à la con ? IL N'Y A PLUS RIEN ?

Brunhilde s'effondra et se mit à pleurer bruyamment. Ses enfants lui firent un calin pour la réconforter, tandis que les autres observaient l'étendue des dégats.

En ce 19 Mars 2013, la fin du monde avait effectivement eu lieu.


A SUIVRE.