Métro IX.

 

 

 

                                         slenderman_by_mak3zor_d5gi6mm

 

 

Debbie pleurait silencieusement, assise contre un arbre, la disparition de son ami et amant. Elle ne sentait presque plus son visage tellement les larmes y avaient creusé de profonds sillons salés. C'était une perte sans nom pour la jeune fille, qui se sentait presque mourir à son tour. Même les bras réconfortants d'Adrien n'y changeaient rien. 

Renée était tombée dans les pommes. Ou avait fait un arrêt cardiaque, les autres membres de l'équipe ne savaient plus très bien et n'avaient pas très envie de la réveiller pour l'entendre brailler la perte de sa petite fille et l'ingestion inattendue de ce qu'il en restait.

Emilie soupirait, terrifiée par les bruits de la forêt. Le hululement d'une chouette la fit sursauter comme jamais. Et le souvenir de la petite Ysabel semblait vouloir la hanter pour les mille ans à venir.

Brunhilde serrait ses enfants contre elle, profondément touchée par la détresse de la grand-mère et par la perspective de perdre elle aussi ses proches. Une larme coula le long de sa joue, solitaire. A son image.

Richard sentait ses sentiments s'envoler les uns après les autres. Plus rien ne semblait vouloir le toucher, l'atteindre ou lui faire du mal. Résigné, il attendait la venue de la faucheuse avec une appréhension teintée d'espoir. La mort ne valait-elle pas mieux que ça ?

Eric, en manque de cocaïne, l'esprit embrumé et prêt à s'effondrer à chaque moment, tentait d'analyser la situation avec pragmatisme. Peine perdue, il songea un instant à sortir son revolver et se l'appliquer sur la tempe mais il avait oublié sa malette dans le champs ensoleillé de vert. La fuite était impossible. A moins que... ce caillou ?

Les neufs attendaient devant le panneau de la recette qu'on leur dicte les prochains évènement. Totalement embarqué contre leur volonté, et à présent totalement serviles, cloués au sol par la peur, Il pouvait en faire ce qu'il voulait. Il avait hâte de la suite des évènements, et le visage baigné de larmes de la jeune Emilie provoquait des réactions incontrolables chez lui. Ainsi que la détresse de Brunhilde, l'indifférence de Richard, le manque d'Eric... Tout le fascinait chez ces gens. En souriant sadiquement, Il pensa à la prochaine épreuve.