Métro II.

 

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Une vingtaine de minutes plus tard, la situation n'avait pas vraiment évolué. Deux autres explosions s'étaient fait entendre mais un peu plus loin, et la lumière n'était pas revenue. Heureusement, Emilie avait acheté des chandelles pour son diner en tête à tête et les avait allumées et disposées un peu partout dans la rame. Ce qui lui donnait l'air encore plus lugubre.

- Mais pourquoi personne ne vient ou ne nous dit ce qu'il se passe ?

Le chef d'entreprise, Eric Laguillier, marchait le long du wagon et fulminait. Evidemment, ces pauvres gens n'y pouvaient rien mais ses nerfs, déjà à vif en temps normal, étaient en train de lâcher. Il n'y avait presque pas de solution, et les explosions lui faisaient affreusement peur. Etaient-ce les autres rames du métro qui explosaient les unes après les autres ? Si c'était le cas, il ne donnait pas cher de sa peau.

Dans l'autre rame adjacente à la leur, il n'y avait que trois personnes. Comme ils étaient séparés d'eux par les portes du milieu, ils n'avaient pas pu communiquer ensemble. De plus, depuis que les néons avaient explosé ils n'y voyaient plus grand chose.

BOUM

Emilie se mit à hurler de terreur. Le wagon d'à côté s'était détaché à l'instant et avait continué à rouler durant deux ou trois mètres pour finalement être réduit en morceaux. Le bras d'un de ses occupants avait été projeté sur la vitre juste en face d'elle et il dégoulina lamentablement avant de s'écraser sur les rails.

- CALMEZ -VOUS !

Le quarantenaire venait de se lever. Il avait compris que paniquer ne servait strictement à rien et tenta de rétablir l'ordre avec un relatif succès. Sa voix forte stoppa un instant les cris et les pleurs.

- Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais les explosions ne détruisent qu'un wagon sur les deux présents. On l'entend au son qu'elle font, il n'y en a jamais eu deux au même endroit. Nous sommes en sécurité, tout du moins pour le moment ! Alors essayons de nous en sortir au lieu de braire en attendant la fin !

Son discours eu l'effet escompté pour presque tout le monde. Le SDF priait toujours, et les trois jeunes avaient cessé de rire depuis un bon moment. Totalement redescendus de leur trip, la seule fille de leur groupe éclata en sanglot et se nicha contre un de ses amis qui lui tapota l'épaule amicalement.

- Quelqu'un aurait de quoi casser une porte ? Un pied de biche, n'importe quoi...

Emilie avait également réussi à calmer sa peur et reprenait les choses en main. En école de communication, elle savait qu'elle avait le pouvoir de mener ces gens quelque part, et qu'ils avaient une chance de s'en sortir.

- J'ai une perceuse, murmura le SDF, interrompant ses priéres.

La jeune femme ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment et saisit l'appareil, par chance à batterie, pour desceller les portes étanches du métro. Elles se séparèrent dans un bruit presque insoutenable, masquant celui de l'explosion de la rame après la leur.

- J'ai besoin d'un coup de main !

Les hommes s'avancèrent, ainsi qu'un des jeunes aussi musclé qu'un taureau, et forcèrent sur les portes pour les ouvrir un peu plus. Après une dizaine de minutes d'effort, ils étaient libres. Et une autre explosion retentit.

A SUIVRE